Quel niveau de vie entre les salariés et les retraités ?


L’indexation des pensions de retraite sur l’inflation devrait, à moyen terme, réduire le niveau de vie des retraités par rapport à celui des actifs, mieux servis qu’eux par la conjoncture.

Ce n’est pas le montant de la pension ni le taux de remplacement qui détermine le niveau de vie relatif des retraités. Leurs ressources réelles s’apprécient en fonction d’un ensemble d’indicateurs fiscaux et sociaux : soumis, en pratique, à des prélèvements moins lourds que les actifs (CSG réduite à 6,6% par exemple) leur enveloppe nette s’établit, selon un rapport du Conseil d’orientation des Retraites (COR) publié en 2015, à plus de 60% du revenu d’activité perçu par l’ensemble des personnes en emploi. Sans les impôts, cette part retomberait à 50,9%.

A ces conditions plus favorables, s’ajoutent celles qui sont liées à leur situation familiale et patrimoniale : les retraités sont plus nombreux à être propriétaires que les actifs (près de 8 ménages sur 10) et n’ont, par définition et dans leur immense majorité, plus d’enfants à charge. Parmi les indicateurs visés par le COR on retrouver les modalités de revalorisation des pensions, aujourd’hui indexées par rapport à l’inflation ce qui impacte directement le niveau de vie des retraités…

Impact de l’indexation des pensions de retraite sur l’inflation

La prise en compte de ces différents paramètres a conduit le COR à estimer que le niveau de vie moyen des retraités était, en 2012, au moins similaire, voire même légèrement supérieur (103%) à celui des actifs. Un équilibre qui pourrait progressivement se rompre et s’inverser en défaveur des retraités dans les toutes prochaines années : toujours selon le COR, qui trace une perspective à l’horizon 2040, leur niveau de vie va décrocher, jusqu’à perdre plus de 20 points pour s’établir dans une fourchette comprise entre 81 et 94%.
Cette dégradation trouve son origine dans l’actuel système d’indexation des retraites directement connectées au rythme d’inflation, un mode de calcul qui s’applique au secteur privé depuis 1987 bien avant que la réforme Fillon de 2003 ne l’étende aux fonctionnaires. A l’époque, changement était majeur : les pensions ne suivaient plus l’évolution des salaires et, par ricochet, de la croissance, mais celle des prix impacté par la politique monétaire européenne ou encore par les cours du marché de l’énergie.

Encore une revalorisation des pensions nulle pour le mois d’octobre ?

Depuis la fin 2011, cette courbe ralentit fortement, au point d’avoir frôlé la déflation (baisse durable des prix) à l’hiver 2015. Une conjoncture qui pèse sur le taux de rémunération des produits d’épargne, type Livret A, mais aussi sur le coefficient de revalorisation des pensions. Moins sur les salaires qui, davantage tributaires du PIB, continuent à progresser plus vite que le coût de la vie (encore +2,7% en 2016 selon le cabinet conseil en Ressources Humaines Aon Hewitt).

Depuis trois ans, sous prétexte de rigueur budgétaire, les retraités sont au régime sec : à la revalorisation des pensions, nulle de 2014, avait succédé un modeste coup de pouce l’année suivante lié à un très léger regain des prix (+0,1%). Au 1er octobre prochain, en raison d’une inflation encore insuffisante entre août 2015 et juillet 2016 (0%), les pensions devraient rester à leur niveau actuel. Idem pour les versements issus des caisses complémentaires Arrco et Agirc, gelés jusqu’en 2018 avec une minoration d’un point par rapport aux taux d’inflation.

L’hypothèse de l’expert retraite du COR c’est que, les salaires progressant plus vite que les pensions chaque année, le fossé se creusera d’autant plus entre les actifs et les retraités que la croissance économique et la productivité des entreprises seront fortes. Il estime qu’en 2025, le montant de la pension nette n’atteindra plus que 60% des revenus d’activité (hors impôts également), contre 65,5% en 2013.

Auteur : Jérôme A.

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