Comment améliorer l’emploi des seniors ?


Le Conseil d’analyse économique (CAE) s’est penché sur le sujet de l’emploi des seniors dans une note publiée le 31 mai 2016. Plusieurs préconisations ont ainsi été énoncées pour « poursuivre la croissance du taux d’emploi des seniors dans les années à venir ». Elles peuvent se réduire à 2 idées principales : améliorer l’information retraite faîte aux salariés âgés et les inciter à rester dans l’emploi « plus longtemps« , rendre plus efficient le régime d’assurance chômage pour les demandeurs d’emploi seniors afin de faciliter leur reprise d’activité.

seniors en emploi

Les seniors et l’emploi

Pour améliorer l’emploi des seniors et en finir avec la précarité des salariés âgés, des solutions existent, selon les experts du CAE. Il faut pour cela entamer des réformes à la fois sur la réglementation retraite en améliorant l’information des assurés pour les inciter à travailler plus longtemps, et sur la réglementation chômage en renforçant l’accompagnement des chômeurs seniors et en les incitant à retrouver rapidement un emploi. Explications :

Mieux informer les salariés sur leurs droits retraite et rendre plus attractif le maintien dans l’emploi

On nous le répète suffisamment en ce moment : le système de retraite par répartition français s’essouffle. « Pas assez contraignant », « trop complexe » etc. Pour sauver les régimes, une des solutions avancées régulièrement par les experts et les politiciens serait de reporter l’âge légal de départ à la retraite, actuellement fixé à 62 ans (sauf cas particuliers de départs anticipés). Les réformes déjà mises en œuvre ces dernières années vont par ailleurs dans ce sens (réformes des retraites de 2010 et 2014). Problème : l’emploi des seniors n’est pas au beau fixe, il est de plus en plus difficile pour des salariés âgés de se maintenir ou de retrouver un emploi. Pire, certains salariés proches du départ en retraite liquident leur pension sans connaître véritablement les conséquences sur le montant de leurs droits. D’autres encore ne savent même pas qu’ils peuvent retravailler à la retraite !

Le CAE préconise donc à ce sujet de « mieux informer les personnes actives sur leurs droits à la retraite » :

  • rendre plus transparents les dispositifs d’aménagement de fin carrière tels que la retraite progressive et le cumul emploi retraite ;
  • permettre d’appréhender les conséquences d’une liquidation de retraite avec décote et avec surcote ;
  • mettre en place des actions de communication « sur l’effet de l’indexation des retraites sur les prix et la réduction à venir du niveau de vie des retraités« .

Le CAE évoque également des pistes de réforme du système de retraite français qui permettraient d’inciter les seniors à poursuivre leur activité :

  • améliorer le mécanisme de décote/surcote en l’étendant aux personnes pouvant bénéficier d’un départ anticipé au titre des Carrières longues. Ainsi la poursuite d’activité après 60 ans pourra permettre de générer des droits supplémentaires ;
  • Rendre de nouveau le dispositif Cumul emploi-retraite générateur de droits retraite. En effet depuis le 1er janvier 2015 les cotisations versées par un travailleur retraité le sont à fonds perdus, ce qui n’est pas très incitatif…
  • Simplifier le système de retraite au sein d’un régime unifié par points ou en comptes notionnels afin de le rendre plus transparent pour les actifs, en particulier sur « le lien entre effort de travail et niveau de pension« .

Réformer le régime d’assurance chômage pour l’adapter aux chômeurs seniors

Le chômage des seniors est un enjeux majeur aujourd’hui. Il est de plus en plus difficile de retrouver un emploi passé un certain âge… Or la réglementation n’est pas forcément bien adaptée à leur situation ce qui empêche un accompagnement optimal et donc une reprise rapide d’activité.

Plusieurs pistes sont proposées :

  • Mettre en place un « plan spécifique d’accompagnement et de formation pour les chômeurs de plus de 50 ans«  avec un suivi particulier dédié à cette population ;
  • Réduire la durée d’indemnisation des chômeurs seniors, en compensation d’un meilleur accompagnement vers la reprise d’emploi, de 36 à 24 mois, comme c’est déjà le cas pour les moins de 50 ans. Cette diminution serait également justifiée, selon le CAE, par le fait que les seniors ont une épargne plus importante que les autres, ce qui les incite moins à retrouver rapidement un emploi ;
  • Supprimer le dispositif de maintien de l’indemnisation chômage jusqu’à l’âge de la retraite, qui permet à certains chômeurs seniors de continuer à être indemnisés après l’âge légal de départ à la retraite si ils ne réunissent pas les conditions du taux plein (retraite sans décote).
  • Inciter les employeurs à conserver leurs salariés âgés dans les effectifs en instaurant un système de bonus/malus sur les cotisations patronales. Cela devrait permettre « de décourager les employeurs à se séparer de leurs employés seniors dont les droits à indemnisation permettent de couvrir la période les séparant de la retraite« .

Auteur : Florent SARRAZIN

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