Les coefficients de solidarité seront peu incitatifs


La mise en place de coefficients de solidarité ne devrait finalement pas rapporter beaucoup d’argent aux régimes AGIRC ARRCO : une large majorité de salarié souhaite maintenir leur date de départ.

Voilà une nouvelle qui ne devrait pas faire les affaires de l’AGIRC ARRCO : le coefficient de solidarité, mis en place à compter de 2019 sur les retraites complémentaires liquidées à l’âge légal de 62 ans ne devrait pas pousser les salariés à reporter leur date de départ à la retraite. C’est ce qui ressort d’une étude publiée le 19 mars 2016 par les régimes de retraite complémentaire.

Afin de résorber le déficit des régimes AGIRC ARRCO, un abattement temporaire sur les pensions complémentaire appelé « coefficients de solidarité » doit être mis en place dès la génération 1957 pour des départs en retraite à compter du 1er janvier 2019 suite à la signature d’un accord entre partenaires sociaux le 30 octobre 2015. Pourtant, la « quasi totalité des cadres et non cadres préfèreront subir l’abattement que de reporter d’un an leur liquidation » : 95,2 % des affiliés à l’AGIRC et 94 % des affiliés à l’ARRCO souhaitent ainsi tout de même partir à l’âge légal, estimant le manque à gagner « pas suffisamment incitatif« . En réalité, seul 2 % des non cadres et 1,6 % des cadres affirment avec certitude vouloir reporter leur départ à 63 ans.

Un constat amère pour les régimes AGIRC ARRCO qui tablaient dans leurs projections financières sur une économie substantielle de 500 millions d’euros dès 2020 et 800 millions d’euros en 2030. Il faudra donc trouver un autre moyen rapidement de baisser le volume des pensions à verser tout en récupérant d’avantage de cotisations.

À noter que dans les partenaires sociaux ont mis en place dans l’Accord du 30 octobre 2015 une « clause de revoyure » qui permettra éventuellement, dès 2021, de revoir les modalités d’abattement afin de, je cite, « les augmentés ou les diminués en fonction du résultat financier des régimes« … Les régimes complémentaires n’ont donc pas encore dit leur dernier mot.

Auteur : Florent SARRAZIN

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