Doit-on poursuivre les réformes des retraites ?


Faut-il encore réformer le système de retraite français ? C’est en tout cas ce qui est préconisé par un laboratoire d’idées indépendant, l’Institut Montaigne, dans une note publiée le 17 février 2016. Dans une optique de retour à l’équilibre financier des régimes de retraite dès 2025, il précise que « les efforts doivent être poursuivis » par l’intermédiaire de nouvelles réformes des retraites (la dernière datant de 2014) « dans les plus brefs délais« . Cela rejoint la position d’un certain nombre d’hommes politiques, notamment à droite (comme Nicolas Sarkozy ou François Fillon) qui préconisent pêle-mêle un report de l’âge de départ à la retraite et une harmonisation des règles de calcul.

réforme des retraites

Réforme des retraites et impact sur les futures générations

3 grandes idées ressortent de cette étude :

  • Reporter l’âge légal de départ à la retraite (hors cas de départ anticipé) à 63 ans et accélérer l’allongement de la carrière requise pour liquider ses pensions au taux plein. La dernière réforme des retraites de 2014 a déjà mis en place cette dernière mesure mais « pas assez vite » selon l’institut Montaigne.
    Objectif : dès 2025 un âge de départ à 63 ans et une carrière requise fixée à 43 annuités (soit 172 trimestres).La volonté d’agir sur les deux leviers (l’âge et les trimestres) apparaît comme novatrice, les différents courants politiques préférant n’agir que partiellement (la gauche va plutôt « jouer » sur les trimestres afin de laisser le choix aux assurés de liquider leurs pensions à l’âge qu’ils souhaitent tandis que la droite est plus encline à « jouer » sur l’âge).
  • Aligner les conditions de départ en retraite du public sur celles du privé. Si une réforme du système par répartition n’est pas envisagée à court terme, des mesures peuvent être prises « très rapidement » pour rapprocher les régimes de fonctionnaire sur les règles applicables dans le secteur privé. Cela passerait par la prise en compte, pour déterminer le salaire de base qui permet de calculer la pension des fonctionnaires, de la moyenne des 25 meilleures années cotisées dans la carrière et non plus seulement du traitement perçu au cours des 6 derniers mois. Les primes seraient désormais prises en compte et ajoutées au salaire de base dans le calcul.
    Autre mesure déjà amorcée par les précédentes réformes des retraites : mettre fin à certains dispositifs spécifiques à la Fonction publique qui permettent d’anticiper la liquidation (comme le dispositif « 15 ans 3 enfants », ou les départs « catégories actives »).
  • Plus anecdotique : supprimer le compte personnel de prévention de la pénibilité ou compte pénibilité. Instauré par la dernière réforme des retraites en 2014 afin de mieux prendre en compte la pénibilité en entreprise et faire bénéficier aux personnes les plus exposées d’actions de formations, du financement d’un temps partiel ou de trimestres de retraite pour anticiper le départ, le mécanisme est perçu par l’Institut Montaigne comme « trop coûteux, difficile à contrôler et à mettre en place pour les entreprises« .
    Agir sur « les conditions de travail » aurait sûrement plus d’impact que ce type de dispositif considéré par beaucoup comme une usine à gaz (d’ailleurs des personnalités comme Nicolas Sarkozy ont d’ors et déjà annoncé qu’elles souhaitaient sa suppression pure et simple).

Le Think tank souligne enfin le caractère urgent de la situation, « le déficit cumulé des régimes a dépassé les 6 milliards d’euros en 2014. À ce rythme là, les dépenses de retraite devraient représenter entre 18% et 25% de la richesse nationale à l’horizon 2040« . Les réformes des retraites doivent continuer.

Auteur : Florent SARRAZIN

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