Retraites complémentaires : les pénalités seront limitées à trois ans


Projections alarmistes du COR pour les pensions Agirc-Arrco alors que l’ANI prévoit un équilibre du régime. Retraites complémentaires : entre signaux d’alarmes, réformes en cours et effets d’annonces, difficile d’y voir clair.

Pénalités retraite complémentaire

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Agirc-Arcco, projections alarmistes pour 2019

Une étude récente réalisée par le Conseil d’orientation des Retraites (COR) fait des projections alarmistes sur le niveau des pensions Agirc et Arrco qui seront versées à partir de 2019 sur la base du nouveau mode de calcul défini en octobre 2015 par les partenaires sociaux, gestionnaires des caisses de retraite complémentaire. Le malus appliqué sur les assurés qui, remplissant les conditions du taux plein au régime de base, feront valoir leurs droits à l’âge légal de 62 ans, se traduirait par un rabais jusqu’à « 14,5% pour un cadre né en 1959 ». Déperdition qui, dans le pire des cas, pourrait atteindre -17% pour les « cols blancs » issus de la génération 1990 et, à la même échéance, -18% pour l’ensemble des salariés, indique l’organisme rattaché à Matignon.

L’ANI projette un système à l’équilibre

L’ampleur de ces chiffres, déjà remise en cause par plusieurs experts, reflète sans doute les situations le plus extrêmes où l’impact d’une baisse maximale du rendement des points Agirc et Arrco, se combinerait à de très fortes pénalités sans compensations et des cotisations plus lourdes. Or le nouveau système mis en place par l’accord national interprofessionnel (ANI), signé par les organisations patronales Medef, CGPME, UPA et les trois syndicats CFDT, CFE-CGC et CFTC, est plutôt source d’équilibre et concentre sur les trois premières années l’essentiel des efforts demandés aux cadres et aux salariés pour rétablir les comptes du régime complémentaire.

Oui, il est indéniable que les futurs retraités perdront de l’argent par rapport à leurs aînés, mais probablement pas dans les proportions catastrophistes qui ont été annoncées par l’étude du COR. La réforme, même en rythme de croisière, ne prévoit aucune décote définitive, contrairement à ce que certains commentaires pouvaient laisser supposer dans un premier temps.

Rallonger la carrière des salariés

Dans sa phase la plus douloureuse, l’accord instaure un abattement de 10% applicable à partir de 2019 pour les salariés et les cadres qui, disposant de leur compte d’annuités, décideront de liquider leurs droits selon les conditions du régime de retraite de base, soit dès 62 ans. Dans ce cas précis, ce malus, également appelé coefficient de solidarité, s’appliquera pendant deux ou trois années consécutives à l’issue desquelles les intéressés retrouveront leur pension complémentaire à taux plein.

Selon d’autres sources relayées par le magazine Challenges et un expert retraite, l’impact réel des mesures prises en octobre dernier générerait, au pire, une perte de 6,60 % sur le montant total des droits pour un salarié né en 1996 et, au mieux, une baisse de -0,80% pour salarié issu de la génération 1959.
D’ailleurs qui dit malus, dit aussi bonus. Dans ce système savamment dosé, tout est fait pour inciter les travailleurs à cotiser plus longtemps et à rallonger leur carrière au-delà de l’âge légal. Un salarié qui acceptera de décaler de deux, trois ou quatre ans son départ en retraite bénéficiera d’un coup de pouce respectif de 10, 20 et jusqu’à 30%.
D’ici-là d’autres sacrifices seront demandés aux cotisants : dès 2016, les revalorisations annuelles des pensions sont reportées de 7 mois, d’avril à novembre, et leur calcul partiellement désindexé de l’inflation (-1 point). A terme, l’objectif est aussi d’augmenter le prix d’achat du point de retrait complémentaire : Le rendement actuel du régime, estimé à 6,39 € correspondant à 100 euros de cotisations, passerait à 6 euros.

Auteur : Florent SARRAZIN

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