La protection sociale du retraité


Le départ à la retraite nécessite de se poser la question de la continuité d’une prise en charge des frais de santé, que ce soit au niveau de l’assurance maladie comme de la complémentaire santé. En effet, si vous êtes couverts par le contrat collectif et obligatoire de votre employeur, le départ en retraite entraîne en principe la sortie des effectifs de l’entreprise et la perte de votre couverture santé. Objectif : éviter de se retrouver à la retraite sans couverture complémentaire à l’Assurance maladie ! Cela pourrait vous coûter très cher… À quoi ressemble la protection sociale du retraité aujourd’hui ?

2 choix s’offrent à vous : bénéficier du maintien de la couverture collective au titre de la Loi Évin ou s’adresser à un organisme assureur dans le cadre d’une couverture individuelle.

La protection sociale du retraité

La protection sociale du retraité

La protection sociale du retraité : prise en charge par l’Assurance maladie

À la retraite, vous continuez à bénéficier de la qualité d’assuré social. En conséquence vous restez pris en charge par la Sécurité sociale sur le remboursement de vos soins.

Il n’y a aucune démarche à faire, la Caisse de retraite qui procède à la liquidation de la pension signale directement à l’Assurance maladie le changement de situation (sauf si vous êtes polypensionnés, dans ce cas il faut prendre contact personnellement avec la CPAM).

Attention, il ne s’agit que d’une couverture de base, insuffisante pour une prise en charge efficace des frais de santé. Il est nécessaire de souscrire à une couverture complémentaire santé…

Si vous partez vivre à l’étranger :

  • En Europe

Il faut en informer l’Assurance maladie et délivrer votre nouvelle adresse. Une fois sur place, inscrivez vous auprès de l’organisme de sécurité sociale du lieu de résidence. Vous bénéficierez de la prise en charge de vos soins médicaux selon la législation et les formalités en vigueur dans ce pays.

Si vous retournez de manière temporaire en France, vous êtes toujours couverts ; il suffit de s’adresser à la caisse à laquelle vous étiez affilié en dernier lieu en France.

  • Hors Europe

Il faut là encore informer votre caisse d’Assurance maladie que vous quittez le territoire français. À l’étranger vous n’êtes plus couverts et ne pouvez plus bénéficier du remboursement de vos soins dans le pays de résidence, à moins qu’une convention de Sécurité sociale entre la France et le pays concerné le prévoit. Dans le doute contactez le CLEISS (centre de liaison européen et international de Sécurité sociale) ou votre dernière caisse pour plus d’informations.

Si vous retournez de manière temporaire et inopinée en France, vous pourrez éventuellement être pris en charge par l’Assurance maladie sous condition d’informer la Caisse concernée de votre retour et de remplir les formulaires nécessaires (Voir lien ci-dessous).

Un retour définitif vous permet de facto de recouvrer tout vos droits en France.

Pour aller plus loin :

À noter qu’il existe un régime local d’Assurance maladie Alsace-Moselle qui permet aux résidents, moyennant le versement de cotisations supérieures par rapport au reste du pays (1,5 % de cotisations à ajouter au reste des charges sociales sur les retraites), une meilleure prise en charge par la Sécurité sociale des frais de santé.

La protection sociale du retraité : Avantages et inconvénients du maintien des garanties collectives frais de santé

Le nouveau retraité a la possibilité de conserver le bénéfice des garanties frais de santé applicables au sein de l’entreprise. La couverture complémentaire collective et obligatoire dont il bénéficiait en qualité de salarié peut en effet être prolongée dans le cadre d’un « contrat retraité ».

L’intérêt est double :

  • D’une part, le retraité peut bénéficier de garanties au moins équivalentes à celles prévues pour les salariés ; il doit choisir des options (payantes) pour moduler le niveau de garantie en fonction de ses besoins.
  • D’autre part, l’organisme qui gère le contrat santé ne peut procéder à une « modulation du montant des cotisations du fait de l’âge ». Le coût de la couverture, comme le niveau des garanties, est « figé » (la seule augmentation tarifaire proviendrait de l’augmentation annuelle des cotisations déjà subie par les salariés de l’entreprise). Ainsi, dans ce dispositif, le coût de la couverture santé ne grimpera pas de manière exponentielle du fait de votre âge.

Inconvénients :

  • Le coût global tout d’abord. En effet, si les garanties sont les mêmes, le montant des cotisations est beaucoup plus important pour un retraité que pour un salarié. Étant sorti des effectifs de l’entreprise, le retraité ne bénéficie plus de la part patronale et doit s’acquitter de la totalité des cotisations. À cela s’ajoute la possibilité pour l’assureur de procéder à une majoration tarifaire qui peut aller jusqu’à 50 % des cotisations globales… Au final, la couverture peut être 2 à 3 fois plus cher que celle d’un salarié, pour des garanties équivalentes.
  • Autre problème, les garanties prévues dans le contrat retraités sont « figées » ; or les besoins évoluent avec le temps et il est possible que dans quelques années la couverture ne corresponde plus à votre état de santé.

Attention : il existe un délai pour adhérer au contrat collectif frais de santé des retraités, ne vous faîtes pas surprendre. De plus, si vous y renoncez une fois il ne sera plus possible de faire une nouvelle demande… Prenez le temps d’y réfléchir.

 

Avantages et inconvénients de souscrire à un contrat individuel frais de santé

Il est possible de s’orienter, à la retraite, vers une couverture individuelle frais de santé. Le marché de la protection sociale du retraité étant très concurrentiel, les prix sont généralement très attractifs (en tout cas au début). De plus, la couverture individuelle permet d’adapter ses garanties – et donc sa cotisation – à ses besoins en matière de santé. Attention cependant au niveau de garantie proposé, particulièrement sur des soins coûteux comme l’hospitalisation, l’optique, le dentaire… Pensez à lire l’intégralité du contrat proposé !

L’inconvénient principal réside dans le fait que l’assureur, dans le cadre d’une couverture individuelle, va pratiquer une modulation tarifaire en fonction de l’âge et de l’espérance de vie du retraité (à l’aide de barèmes actuariels) ce qui va avoir pour conséquence d’augmenter rapidement et de manière significative le montant des cotisations à verser. Ce qui paraissait au premier abord être un « bon plan » peut vite se transformer en gouffre financier, certains retraités étant même obligés de renoncer à leur couverture complémentaire au bout de quelques années !

CONCLUSION

La protection sociale du retraité est un enjeu majeur, c’est pourquoi le choix de la couverture complémentaire frais de santé doit être mûrement réfléchi. Avant de se jeter sur le moins cher, ou le plus simple, pensez à vérifier le niveau de garantie, et à faire des projections financières sur le long terme… Cela nécessite de s’y prendre bien avant le départ définitif à la retraite.

Faîtes des devis auprès de plusieurs assureurs, en prenant le temps de déchiffrer les contrats, souvent complexes et indigestes… Renseignez vous auprès de votre service RH (ou directement auprès de l’organisme qui gère la couverture collective dans l’entreprise) afin d’obtenir le détail du contrat prévu pour les ex-salariés.

À noter que certains retraités font le choix d’une 3e option : mettre de côté chaque mois une somme d’argent afin de couvrir d’éventuels frais de santé, sans souscrire à une complémentaire santé qu’elle soit collective ou individuelle. Cela semble très dangereux en cas de grosses dépenses de santé, puisque seule la prise en charge par l’Assurance maladie est maintenue. À déconseiller vivement…

Auteur : Florent SARRAZIN

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